Dundée ponté à vivier.
Jauge : 110.51 (86.97)
Moteur : 50 CV Koerting.
Copropriétaires : Herlé Nédélec (2/6), Antoine Chanard (2/6), Louis Le Rouge (1/6), Vve Le Berre née Ancel (1/6).
Naufragé par incendie le 02/05/1937, à Las Plamas.
Le 28 novembre 1933, Ouest Eclair titre dans ses colonnes : « À bord d’un langoustier breton, le Belle-Hirondelle, deux intrépides voyageuses, notre collaboratrice Odette du Puigaudeau et une Rennaise Melle Marion Sénones, partent pour la Mauritanie ».
Extrait de Pieds nus à travers la Mauritanie, d'Odette du Puigaudeau (1894-1991) : "... C’étaient neuf marins douarnenistes et un mousse, de cette race qui, partout où il y a la mer, un port, du poisson, se trouve chez elle. Après chaque manœuvre, ils buvaient un coup de blanc, de rouge, de rhum ou d’absinthe, selon les heures, s’essuyaient d’un revers de manche, rigolaient : « C’est du beau temps ! On sera pas long à sortir du golfe, vat’ ! », et crachaient au petit bonheur, du pont dans la grand-cale, ou bien dans la mer, comme ça se trouvait.
Ils s’en allaient pêcher la langouste verte sur les côtes de la Mauritanie.
Pendant les accalmies, le patron inscrivait sur le livre de bord, d’une écriture bien sage aux majuscules ornées :
« Mer houleuse… A 21 h, amené l’hunier… 23 h, mis le bateau en cape. Une furie sur la mer… 5 h du matin, déchiré la grand-voile… Forte brise… » etc.
Elle était rude, la route de Négriers.
Qu’importait à la Belle-Hirondelle ?
Elle était là pour mener vers leur labeur dix hommes pressés de gagner leur pain en arrachant à la mer de la nourriture pour d’autres hommes. Ce lieu de labeur étant très loin, sur la côte africaine, il convenait de ne pas s’attarder aux menaces des vagues.
Elle bondissait dans un magnifique rejaillissement d’écume ; la houle qu’elle recevait par le travers martelait son ventre et ses flancs à grands coups sourds et, bien qu’aucun repère ne jalonnât sa route, nous nous émerveillions d’une vitesse qui nous laissait au centre même d’un cercle inaccessible et que seul le sifflement de l’eau contre la carène nous permettait d’apprécier...."
Extrait de Grandeur des Îles, d'Odette du Puigaudeau : "... Un grand thonier dormait là, épaulé à une cale, debout sur ses doubles béquilles. Un réverbère le veillait. Il était tout blanc, enchâssé dans la nuit. La lumière soulignait son galbe élancé, le relief incurvé de ses préceintes, la harpe noire de ses haubans. Il s'appelait Belle-Hirondelle. Il semblait immobile, mais, lorsque je posai ma main, geste familier, sur la lisse, je la sentis frémir d'un soupir secret où s'achevaient les grandes houles du large. Et, de ce soupir, monta dans mon propre regret, la nostalgie des grands bateaux berceurs, des horizons nus et parfaits, des ciels instables sur la mer palpitante, des lourds poissons surgissants, de toutes les joies, de tous les efforts qui composaient notre vie riche et simplifiée..."
Cinémathèque - Ci-dessous le lien internet vers le documentaire (52 min) réalisé par Gérard Uginet et intitulé "Odette du Puigaudeau, l'aventurière inattendue", diffusé le 28 novembre 2024 sur FR Pays de la Loire :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/programmes/fra…